Youri Cayron / Romain Rivalan

Youri Cayron vit et travaille entre Marseille et l’Ariège. Moteur, sorte de passeur, Youri est presque toujours en mouvement. Diplômé à Annecy en 2008 (DNSEP), il évolue depuis dans le monde de l’art en tant qu’artiste plasticien mais aussi en tant que vidéaste pour d’autres créateurs ou structures liées au cinéma, à la musique ou encore la danse contemporaine. En parallèle, il travaille auprès de centres d’art pour la logistique des œuvres, leur accrochage ou encore la construction des espaces de monstration. Producteur et commissaire d’exposition ayant fondé et dirigé un artist-run space à Marseille, entre 2013 et 2016, il a présenté le travail d’une quarantaine d’artistes via une douzaine d’expositions collectives dont certaines en collaboration avec d’autres structures telle que la Friche Belle de Mai ou La Collection d’Ana D. Artiste, il envisage la vidéo comme un prolongement du corps et de l’espace et questionne ainsi notre place dans le monde. Dans ses premières vidéos, pensées pour une diffusion en boucle, il met en scène le corps via de simples actions absurdes et répétitives. L’approche narrative s’est développée par la suite soit par la caméra en mouvement soit par le montage de différents plans. Enfin, il intègre la question du paysage et revient de plus en plus au simple plan fixe. La contemplation étant devenue un ressort nécessaire à la poésie.

Romain Rivalan vit et travaille en France à Marseille. Il commence la photographie à l’adolescence, influencé par les films et les cinéastes qu’il découvre à cette époque : expressionnisme allemand, film noir américain, néo-réalisme italien et nouvelle vague japonaise. Sa pratique évolue avec le temps jusqu’à se cristalliser dans l’utilisation exclusive de l’argentique en noir et blanc. Son approche photographique interroge les notions d’occupation de l’espace à l’échelle du corps et du paysage et de l’architecture. Le rapport de l’Homme à son environnement immédiat est au cœur de ses propositions.

« Matière noire » un projet proposé par Youri Cayron & Romain Rivalan La matière noire est une catégorie de matière hypothétique invoquée pour rendre compte de certaines observations, notamment les estimations de la masse et les propriétés des fluctuations. La matière noire est telle que sa détection et sa caractérisation sont très difficiles. Sa présence n’est détectée que par son influence gravitationnelle, non négligeable et importante en fonction modèles. En faisant dialoguer la photographie avec la vidéo, nous explorons la relation entre les individus et leur(s) territoire(s). Nous interrogeons le devenir des espaces et des usages dans un environnement de plus en plus façonné et normalisé par les activités humaines. Comment les ensembles urbains et les identités contemporaines se construisent-elles à l’aune de ces mutations ? Pour y répondre, nous nous intéressons à nos manières de circuler, de consommer, et d’investir les espaces partagés ou privés. En d’autres termes, en abordant le paradigme consumériste de notre civilisation nous nous demandons si notre environnement est le fruit de ce que nous sommes ou l’inverse ? Notre démarche formelle s’articule sur la matérialité des images ou encore sur les dimensions variables de l’espace. Nous assemblons et superposons des images fixes et animées, mixons les supports, allongeons ou suspendons le temps pour tromper la perception de ce que l’on regarde, pour en interroger la nature. Photographe et vidéaste travaillant ensemble depuis presque 15 ans, nous avons créé un langage propre. Ce dialogue entre nos médiums offre un regard double sur un même sujet. C’est ici dans cette rencontre, que nous pensons réussir à créer les conditions qui permettent de reconsidérer nos croyances collectives, d’en sortir, sinon de pouvoir entrevoir le Réel. Dans le cadre de cet appel à projet, nous avons sélectionné un ensemble de photographies et de vidéos réalisées au cours des dernières années en France comme à l’étranger. Nous sommes partis de l’idée du vortex, de cet endroit où les choses affluent, sinon convergent, pour être aspirées. Ce vortex sera symbolisé par une boucle vidéo d’un sas d’entrée (en tambour) d’un centre commercial. Cette vidéo est pensée pour être vidéoprojetée au centre de la pièce sur une bâche, semi transparente et volante, d’environ 2,30m de haut par 4m de large laissant un passage de chaque côté. La vidéo montre des gens rentrer naturellement dans le centre commercial. Lorsque l’on fait le tour de la bâche, inconsciemment nous nous attendons à être de l’autre côté de la porte et donc à voir les gens arriver vers nous mais non : d’un côté comme de l’autre de la bâche, les gens sont aspirés par les pales de verre du sas en tambour et disparaissent dans le centre commercial. Le fait que la bâche soit volante va créer une interaction avec le visiteur qui de par ses déplacements va à son tour créer des mouvements d’air faisant onduler la vidéo. Ceci participera à « l’activation » de ce vortex symbolique. Tout en se déplaçant, il va pouvoir aussi s’approcher de l’écran, recevoir sur lui l’image projetée des gens qui disparaissent et de l’autre côté de la bâche, faire apparaître des fantômes avec l’ombre de sa propre silhouette.

Info

Lieu d'exposition:

Cours Washington

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