Marie-Ange Daude

Dans ma pratique photographique, je parcours la France et le monde à la recherche d’un site naturel ou d’un lieu abandonné dont le graphisme me doit bien au hasard. Chaque espace porte une histoire, une mémoire, une charge symbolique avec laquelle je souhaite entrer en dialogue.
Lorsque je découvre un lieu, j’en cherche le cadrage le plus épuré, le plus juste.
Presque réduit à l’essentiel. Puis j’installe mon appareil, je règle le retardateur, je me mets à nu et je rejoints la place que j’ai visualisée.

La nudité n’a ici rien de provocateur : elle est un outil plastique, un moyen de dépouiller l’image pour la rendre plus minimaliste et plus directe. Le corps, le mien, apparaît comme une silhouette transitoire, un fantôme du lieu. Il sert d’échelle, réintroduit de l’humain dans des espaces désertés, réactive la présence dans l’absence.

Mon geste engage aussi la question du statut de l’artiste et plus particulièrement de l’artiste femme : se mettre en scène, se mettre à nu, c’est revendiquer une place dans le paysage — au sens propre comme au sens symbolique. C’est proposer une réflexion sur la visibilité, l’exposition, la vulnérabilité, mais aussi sur la puissance de se représenter soi-même.

Les titres de mes images, parfois teintés d’humour, parfois plus intimistes, prolongent ce récit visuel. Ils ouvrent des portes de sens inattendus et invitent le spectateur à imaginer ce qui se joue entre le corps et le territoire.

Mes références artistiques, telles que Francesca Woodman ou Rana Matar, nourrissent ma réflexion sur l’autoportrait, la présence féminine et la manière dont la photographie peut révéler — ou bousculer — notre rapport au paysage, à l’image et à l’identité.

Info

Lieu d'exposition:

Cours Washington

Date: