Leo Caresio
J’apprends la photographie au lycée…
Dans un petit laboratoire géré par deux profs passionnés qui vont m’initier au développement et au tirage argentique noir et blanc.
J’ai toujours rêvé de faire des films…
Après plusieurs essais, j’écrit et réalise mon premier court métrage en 2012 : “Mériadeck”.
Ce film est le fruit d’un an de travail d’écriture et de repérages pour une journée de tournage. Seul à la technique, je fais face à une mauvaise prise son, qui m’amènera à
expérimenter le bruitage.
La même année j’entre à l’ESAV, l’Ecole Supérieure d’AudioVisuel à Toulouse avec un intérêt particulier pour le sonore.
Je deviens ingénieur du son en 2016, pour Abdélatif Kechiche et l’accompagnera deux ans sur la série de films Mektoub my love.
Parallèlement, je réalise un film en pellicule avec mon amie Eva et me confronte au développement couleur. Le film s’écrit, se tourne et se monte sur cinq ans et devient expérimental en tout point de vu. Il est le témoignage de notre rupture, mon travail sur la pellicule devient plastique ; les images et le son se métamorphosent, leur rugosité témoigne de l’émotion, du désarroi des personnages.
Depuis, j’alterne entre mes boulots d’ingénieur du son et de réalisateur.
Je me lance dans l’écriture de films plus longs et réalise deux courts métrages auto-produits qui mêlent images en mouvement et photographies.
L’errance est mon paradigme. Mes films sont le reflet de pérégrinations sensorielles, j’y exerce un rapport à l’espace, au temps, éthéré, contemplatif et solitaire.
Plusieurs séries de photos donnent également naissance à trois expositions.
Photographies, son, lettres, diaporama, cartes postales et objets divers cohabitent pour donner lieu à des expériences immersives.
Masse d’eau s’écrasant contre la surface et l’écume jaillit dans les airs. L’océan, la plage c’est chez lui.
Je l’aime tellement quand il est comme ça, il s’était sculpté la plage bien lisse comme une rampe de lancement.
À s’étirer de tout son long, si y’avait pas la dune il serait même allé en forêt.
Ch’uis descendu et on s’est pris dans les bras, très fort.. à genoux dans le sable, les retrouvailles… comme à chaque fois, et rien d’autre ne m’fait ct’effet là.
Quand je rentre dans les Landes, mon premier jour à la plage me donne toujours une légère migraine en repartant.
Mon premier jour à la plage, il n’y a nulle part ailleurs ou je me sente plus chez moi. A chaque fois c’est comme ça, on s’enlace. Je mets de l’eau dans mes cheveux, du sel, du sable dans les cheveux.
Ce soir, c’est la veille de la pleine lune.
Sur l’horizon naît une petite flamme dans la consistance des nuages. Elle passe du rougeoyant au orange et s’éteint en diffusant une lueur rosée au-dessus de l’eau. Au sud, les Pyrénées paraissent être à un kilomètre à peine, juste derrière la dune qui plonge dans une brume blanchâtre et lumineuse.
Je reste là, un moment.
La lune se hisse dans les nuages sans rien dire.. La forêt s’éteint.
Le monde du sommeil, mon lit, je nage dedans, me love dedans, avec plein de coussins, de couvertures et de bandes dessinées.
Mes amies me rendent visite.
Nous retournons voir l’océan..
Nous laisserons une emprunte éphémère, une trace délébile et friable.
Les couleurs se mélangeront dans la plus grande discrétion, les coquillages s’effriteront après avoir été squattés.. des ruines de bord de plage, enfouies.. prises dans le mouvement perpétuel, et de nouveau disposées là, sur le rivage.
Des fragments, des images..
