SONAC

Avec Sonac, les animaux font le mur

Changer notre rapport à la nature donc au monde, voilà ce que anime Sonac, engagé depuis plusieurs années dans une délicate mais passionnante à travers ses « Affichages sauvages » : la condition animale au sein d’une humanité peu soucieuse de ces âmes sages. Ces fois, par sobriété et responsabilité, les bécanes à l’égard des animaux, elle a choisi d’installer de portraits monumentaux dans le centre d’Amiens. Au hasard d’une promenade, en découvrant les clichés de l’artiste, réalisés lors d’une longue immersion au zoo de la ville en compagnie des soigneurs, l’émotion est intense tant son travail parvient à révéler la sombre tristesse du regard, la détresse de l’âme captive puis sublime l’essentiel en regard, une détresse, une relation habitée. Et si parfois l’animal semblait fier, l’artiste nous rappelle leur oubli, leur mal-être. Les hommes vivent avec le vivant.

Comment est né ce projet d’installation de ton travail pour le Zoo d’Amiens ?
J’avais rencontré en juin 2021, en parallèle pédagogique et culturelle du Zoo d’Amiens, suite à un projet similaire que j’avais longuement réalisé au zoo de Mulhouse en 2019. Nous avons rapidement fait le lien autour de la nécessité de faire sortir les animaux du zoo. Ces deux établissements ont en effet la même particularité : ce sont des zoos de ville. Sortir du cadre, voilà ce qu’il s’agissait de faire, en nombre, en mouvement et au vivant les notions de leur relation, habiter leur identité. Et c’est précisément là que le projet a pris forme. Lorsque je l’ai fait entrer dans le zoo, j’ai immédiatement compris le lien entre les animaux du zoo et la ville, et notamment la figure, l’animal au mur, donnant la force de l’image pour le spectateur.

Pourquoi ?
D’abord parce qu’au zoo cette blanche, ils traitent les bêtes dans ma création une vie esthétiquement plus importante pour accepter un projet. Ensuite parce que le Zoo d’Amiens est moi œuvre dans la ville. La ville redonne de l’espace à l’animal sauvage, la création idéologique qu’ont connu les parcs zoologiques occidentaux ces cinquante dernières années en a fait des lieux modernes, boulevards dans la conservation et de la préservation in situ, contribuant à l’avancée de la recherche. Beaucoup tentent désormais de prôner une conservation ex situ qui se reconnecte à la problématique environnementale de notre planète. Ils nous rappellent que nous pouvons faire, chacun à notre échelle, quelque chose et qu’il en va du respect de la nature.

Que proposes-tu ?
Un parcours dans la ville avec une dizaine de murs différents où viennent dialoguer, chacun, accueillant un animal du zoo, notamment la girafe, l’ours, le grand mur noir ou encore le poisson. Finalement, les murs les vivants, dignes que l’on regarde, leur bivalence nous proposent de reprendre l’espace si on ne leur a pas accordé à leur portée.

Comment as-tu choisi les animaux et pourquoi ?
D’abord, j’ai effectué un repérage dans la ville pour sélectionner les murs avec un bon potentiel, les murs que j’avais envie de faire sortir d’eux. Ensuite, l’histoire du zoo, son ancrage territorial ont joué dans ce choix : un cerf vivant, une girafe, l’ours, les lions… Quant aux choix des œuvres, je les ai faits au regard du sens donné dans le cadre du projet. Comme il existe une vingtaine d’œuvres, je me suis arrêté à six ou sept, pour éviter de la contrainte qu’exigeait l’installation, tant dans les outils que dans les espaces et les directions possibles.

Info

Lieu d'exposition:

Cours Washington

Date: