Vincent Dionis du Séjour
Là où je vais n’a pas de nom.
En septembre 2025, je suis parti au Mexique avec mon appareil photo. Je pensais documenter un voyage et son essence, des rues colorées, des scènes de vie exotiques et chaleureuses. Mais ce qui a commencé comme une fascination pour le folklore (cavaliers, danseuses traditionnelles, processions, …), s’est inexorablement mué en une aventure beaucoup plus intérieure. Si cette série est née d’un voyage réel, elle parle d’un voyage bien plus universel : celui que chacun doit faire, tôt ou tard, vers les parts d’ombre de soi-même. En travaillant sur ces photos, j’ai été frappé de réaliser que le folklore mexicain n’est pas un décor ici. C’est le déclencheur. Le pas de côté nécessaire. On ne se transforme pas dans le confort du familier. Il faut le dépaysement, la rencontre avec l’autre, le choc culturel, pour que quelque chose en nous se fissure et que la lumière puisse entrer. Il y avait alors quelque chose en moi qui demandait à être révélé, exprimé. Une urgence à partager cette aventure de l’individuation dans laquelle je me suis laissé happer. Là où je vais n’a pas de nom, parce que ce n’est pas une destination. C’est un état. Un seuil. Un passage perpétuel entre ce que l’on était et ce que l’on devient. Cette série est une invitation à faire ce voyage avec moi.
